Lettre d'information de Roger Francart.
Lettre d'information de Roger Francart.
Roger Francart
Roger Francart

Le Bareback

Bareback "monter à cru".


Pratiques sexuelles volontairement non protégées.

Apparu principalement dans le porno en 1995.

Revendiqué et médiatisé par les Barebackers, qui se retrouvent au sein d'une "sous-culture" gaie.

Aiden Shaw, qui déclare dans le journal Têtu : " Je ne peux pas imaginer avoir une vie sexuelle safe. Je suis le genre de personne qui prend des drogues, qui aime prendre des risques, et le sexe non protégé en fait partie. C'est ce que je préfère. [...] Ce n'est pas que je n'aime pas les capotes, c'est juste un bout de caoutchouc, mais la différence entre baiser sans et avec est vraiment immense. Et prétendre depuis des années qu'il n'y a pas de différence est une connerie." 'Easterman-Ulmann, 2000).

Le bareback comme opposition à la morale aux Etats unis. " des formes de persécutions permanentes (comme des mesures punitives ou de disgrâce) et un puissant courant culturel s'appuyant sur la désignation et la honte, visant à réduire au silence toute opposition" (Rofes, 1997). Placer le bareback dans l'espace public, c'est une manière de résister à cette injonction de silence.

Le bareback est comme une affirmation identitaire et une forme d'opposition.

Michael Scarce ajoute que l'appréciation du bareback se double d'un jugement moral, en fonction du statut des barebackers : "Si la pratique du barebacking entre séropositifs suscite un froncement de sourcils, il n'en va pas de même si les partenaires sont séro-discordants. On n'hésite pas alors à employer des mots comme "meurtre" ou "suicide", ce qui explique aussi qu'un séropositif actif sera jugé plus "coupable" qu'un séropositif passif.".
Aborder le bareback revient donc nécessairement à sortir du silence qui entoure la sexualité des personnes séropositives.
Aujourd'hui, l'amélioration des résultats thérapeutiques et la possibilité de recourir à des traitements "post-exposition" crée un contexte qui peut expliquer que certains gais choisissent d'abandonner le préservatif.

Le risque avéré ou non lié à la fellation, le risque de surcontamination ou de combinaison entre différentes souches du VIH, dont certaines sont résistantes aux antiviraux, le risque réel ou nul de transmission  du VIH lors d'une pénétration sans éjaculation, le pouvoir contaminant ou non du sperme d'un individu séropositif dont la charge virale est égale à zéro, entretiennent un doute important chez la nécessité de se protéger surtout chez les jeunes homosexuels.

L'érotisation du risque et du virus a pu être constatée entre partenaires barebackers. L'intimité recherchée lors de la sodomie non protégée prend une dimension allégorique de la contamination et de l'invasion virale. Le partenaire qui recherche une contamination est dit "bug chaser" et l'infection est dénommée "fécondation". le partenaire contaminant est dit "gift" giver" et il assume la "paternité" de la (sur)contamination. Michael Scarce conclut : "Pour ces hommes, la séroconversion est devenue un rituel d'adoption, plutôt que le fruit du hasard, formulée avec des métaphores de la grossesse.".
En France, l'émergence du bareback a provoqué jusqu'à présent une "guerre de tranchée', entre défenseurs et opposants, plutôt qu'un véritable débat, qui dépasserait l'alternative entre liberté individuelle et morale sexuelle (Dustan, 2000).

Les dernières recherches en France attestent de l'existence de pratiques sexuelles délibérément non protégées, sans pour autant pouvoir mesurer l'ampleur du phénomène. Dans le milieu gai, une recherche sur l'état des lieux du dispositif de prévention à Paris présente le témoignage d'hommes gais pratiquant le bareback. De plus, l'étude d'un certain nombre de médias gais - presse, audiotel, minitel, internet - confirme la présence du bareback dans l'espace culturel, sous forme, par exemple, d'annonces de rencontre (Le Talec, 2000).

Il faut mettre en parallèles les constats d'isolement social, de misère affective, d'homophobie vécue et intériorisée que fait la ligne Azur, et le risque de contamination par des jeunes homosexuels ou bisexuels cherchant dans les backromms une sexualité à tous prix.
La négociation du risque doit aussi prendre en compte les états seconds liés aux désirs, aux drogues de plus en plus fréquentes dans le milieu homosexuel.

Le recours aux traitements "post-exposition" a doublé au cours des six derniers mois dans certains centres de prescription (Le Talec 2000).
Enquêtes Sex Drive par Citegay courant 2004 avec le SNEG et la DGS :

  • 39% des répondants séronégatifs seraient enclins à avoir un rapport anal non protégé avec un partenaire à statut sérologique inconnu.
  • 3 sur 10 de moins de 25 ans rapportent des rapports anaux non protégés dans l'année.

Bruits et murmures :

  • Appartenir à une sous-communauté dont les membres sont unis par la pratique d'une sexualité sans contrainte et ou la maladie n'est plus tabou, est fascinant.
  • Le refus de la capote comme acte militant.
  • Etre reconnu par ses pairs.
  • Les capotes, c'est pour les séroneg.
  • Quand tu baises bareback, personne ne parle de son statut sérologique.
  • Tout le monde est considéré comme séropo.
  • Si un mec baise avec moi, il sait ce qu'il fait.
  • Sur certains sites internet de bareback, il est envisagé d'interdire l'accès aux séronégatifs.
  • Les plans "Vanilla", les petits jeunes que l'on veut éduquer.
  • La sexualité à risque, comme la prise de drogue est une réaction à la peur de l'autre et du refus.
  • Entre Eros et Thanatos, l'Amour et la Mort.
  • La roulette Russe "perpétuelle".
  • Dominer la mort inéluctable.
  • Les films X jouent sur le fantasme de l'adolescent vierge à dépuceler qui n'a jamais été en contact avec la maladie.
  • Amalgame et dédramatisation dans les messages de prévention entre les IST soignables et le HIV.
  • Le sida vu comme une maladie de vieux.

© Roger Francart

 

 

 

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