Lettre d'information de Roger Francart.
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Roger Francart
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Histoire de la braguette.

 

L'histoire de la braguette : quand les mâles jouent les paons ou les prudes

Du haut-de-chausses suggestif qui choque les religieux à l'arrogance du jean moulant, le livre "Braguettes" remonte avec volupté cinq siècles d'histoire au plus près du corps masculin au travers de tableaux et de photographies, radioscopies intimes des moeurs d'une époque.

Rabelais est probablement l'inventeur du mot, lui qui parlait "d'hypocrites braguettes pleines de vent" et assurait que Panurge était comme son maître Pantagruel "un bon braguard". Un terme qui désignait au XVe siècle les jeunes gens recouvrant avec magnificence leurs parties intimes, explique Colette Gouvion, auteur de ce livre aussi truculent qu'érudit, écrit avec l'aide précieuse d'une historienne de l'art, Khadiga Aglan.

La peinture puis la photographie sont de fantastiques témoins de ces évolutions. En 1532, en Italie, Agnolo Bronzino fait ainsi un portrait de Guidobaldo II della Rovere où la tête d'un chien attire irrésistiblement le regard sur les parties glorieuses et en émoi de son maître, grand duc d'Urbino, moulées dans un tissu rouge.

Dans le célèbre tableau de Brueghel le Jeune, "La dispute entre joueurs de cartes" (1620), le peintre ne néglige aucun détail et les villageois en haut-de-chausses sont ostensiblement et généreusement pourvus.
 

Par son emplacement stratégique à l'entrejambe, sa forme, sa mise en valeur ou son escamotage, la braguette est un témoin privilégié des conceptions et des règles qui régissent les rapports hommes-femmes, l'expression plus ou moins permise de la sexualité, des jeux de séduction, des dogmes de pudibonderie, d'hypocrisie ou de permissivité, souligne Colette Gouvion.

Après une ère de sexe sans tabou, le XVIIe siècle se veut pieux et vertueux. Réforme et contre-réforme gomment les mirifiques braguettes et le corps de l'homme s'efface en dessous de la ceinture... La virilité ne s'affiche plus que par l'épée portée au côté.

Deux siècles plus tard, la culotte "à pont", empruntée aux marins, fait son apparition: c'est une pièce de tissu qui part de l'entrejambe, se rabat et se boutonne à la taille. Aucun relief n'apparaît. Elle est sans reproche au chapitre des bonnes moeurs et va perdurer longtemps. Napoléon la portera encore.

Culotte pudique le jour, "braguette de nuit" le soir au XIXe siècle avec de longues chemises de nuit pour hommes pourvues d'une fente judicieuse. Certaines sont équipées d'un bouton sur le nombril permettant d'y fixer la chemise pendant l'acte... On les surnomme joliment "portail avec pont-levis" !

Le début du XXe se veut puritain pour ces messieurs. Les coupes des pantalons cachent les aspérités viriles. Puis, vers les années 30, c'est le déferlement du blue jean (jusque là vêtement de travail) et de sa braguette à boutons ou zippée, immortalisée sur la pochette de l'album culte "Sticky Fingers" des Rolling Stones en 1971.

Depuis que le pantalon est adopté par les femmes - il leur était interdit en France au travail jusque dans les années 60 -, la braguette n'est plus l'apanage du sexe fort mais son ostentation reste transgressive. Et sur internet, relève Colette Gouvion, l'impudente est toujours présente, comme dans le blog facétieux "Harry Potter et la braguette magique"...

("Braguettes, une histoire du vêtement et des moeurs" - Colette Gouvion et Khadiga Aglan - éditions du Rouergue - 144 p. - 80 images couleur - 39,90 euros)

 

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